L’arrestation de l’activiste Jean-François Kouassi, dit JFK, continue de susciter de vives réactions en Côte d’Ivoire. Invité à s’exprimer sur le sujet, le journaliste et analyste André Silver Konan (ASK) a livré une analyse tranchée, entre rappel à la responsabilité de la parole publique et plaidoyer pour la libération de l’influenceur.
Selon les informations rapportées par André Silver Konan, l’interpellation de Jean-François Kouassi s’est faite en deux temps. D’abord pour trouble à l’ordre public, alors qu’il effectuait une vidéo en direct dans la commune du Plateau. Mais le fond du dossier est bien plus complexe : il s’agit d’une plainte pour diffamation déposée par le ministère de la Fonction publique.
JFK est accusé d’avoir porté des allégations graves sur les réseaux sociaux, évoquant une « vente de concours » et du « favoritisme » au sein du ministère. « On n’est plus dans la liberté d’expression, mais dans des accusations graves », a martelé André Silver Konan, rappelant que de tels propos nécessitent des preuves tangibles pour ne pas tomber sous le coup de la loi.
Pour ASK, cet incident met en lumière la dérive de certains acteurs sur les réseaux sociaux. Il a tenu à souligner les réformes engagées depuis 2022 au ministère de la Fonction publique, visant justement à rendre les concours plus transparents.
« Lorsque ces efforts sont détruits par des affirmations totalement gratuites, cela fait mal », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la parole publique engage une responsabilité civile et pénale.
L’un des points forts de l’intervention d’André Silver Konan concerne l’attitude des internautes. Il fustige ce qu’il appelle les « combats par procuration » : ces personnes qui, tapis dans l’ombre, poussent les activistes à l’affrontement verbal et aux injures, pour ensuite les laisser assumer seuls face à la justice.
« C’est le problème que j’ai avec beaucoup d’Ivoiriens : ils poussent souvent les autres à agir… et lorsque ces personnes se retrouvent en difficulté, elles sont obligées d’assumer seules », déplore-t-il.
Malgré la sévérité de son analyse sur le fond, André Silver Konan a conclu son intervention sur une note de médiation. Notant que JFK a supprimé les publications incriminées et que sa famille multiplie les démarches d’excuses auprès des autorités, il y voit une forme de repentance.
Reconnaissant que JFK est une figure appréciée pour son dynamisme, ASK a lancé un appel direct aux autorités : « Pour ma part, j’aimerais demander pardon… Libérez JFK, parce qu’on l’aime bien. »
Reste désormais à savoir si ce plaidoyer, mêlant fermeté sur les principes et indulgence pour l’homme, sera entendu par le ministère de la Fonction publique et la justice ivoirienne.





























