Mamadi Doumbouya radie 22 administrateurs territoriaux et hauts cadres militaires

Le président Mamadi Doumbouya a radié 22 administrateurs territoriaux en Guinée, accusés d'avoir facilité l'orpaillage clandestin à Siguiri et Kankan.

0
81

La tolérance zéro est désormais de mise face à la dégradation de l’environnement en Guinée. Par un décret solennel lu à la télévision nationale (RTG) le mardi 3 novembre 2026, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a prononcé la radiation définitive des effectifs de la Fonction publique et des Forces de défense et de sécurité de 22 administrateurs territoriaux. Ces hauts responsables sont directement accusés d’avoir facilité l’orpaillage clandestin dans la haute région minière du pays.

 

Cette vague de révocation sans précédent frappe le sommet de l’administration territoriale dans les préfectures aurifères de la Haute-Guinée. Parmi les personnalités déchus figurent notamment :

  • Le Colonel Fayimba Mara : Préfet de Siguiri et Gouverneur par intérim de la région administrative de Kankan.

  • Plusieurs Sous-préfets : En poste dans les collectivités rurales d’extraction artisanale d’or.

  • Des responsables administratifs et sécuritaires locaux : Chargés en principe de veiller au respect des lois de la République.

Suspendus à titre conservatoire quelques jours plus tôt pour des soupçons de connivence, ces 22 cadres font désormais l’objet d’une exclusion irrévocable de l’appareil d’État.

En Haute-Guinée, et particulièrement dans la préfecture de Siguiri, le développement anarchique de l’orpaillage illégal provoque des dégâts écologiques irréversibles. L’utilisation incontrôlée de produits chimiques toxiques (notamment le mercure et le cyanure) a entraîné une contamination massive des nappes phréatiques et des rivières, mettant en péril la santé des populations riveraines et l’agriculture locale.

En radiant ces hauts fonctionnaires, la présidence guinéenne entend adresser un signal d’avertissement ferme à toute la chaîne de commandement : la préservation du patrimoine national et de l’environnement prime sur les réseaux de complicité financière.

Ce coup de balai au sein de l’administration territoriale marque un tournant autoritaire mais décisif dans la stratégie guinéenne de restauration de l’autorité de l’État. Il reste à voir si cette décision spectaculaire sera suivie de poursuites judiciaires devant les tribunaux pour faire toute la lumière sur les retombées financières de ce trafic.

Austin KOFFI

Source : Présidence de la République de Guinée / Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG)

À lire aussi : [Mines et Environnement en Afrique de l’Ouest : Comment les États luttent-ils contre le fléau de l’orpaillage clandestin transfrontalier ?]

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici