Museveni défie les USA : Le cri d’alarme de l’Ouganda après la capture de Maduro

Suite à la capture de Maduro, Yoweri Museveni met en garde l'Afrique contre l'ingérence américaine : « Sur le terrain, nous pouvons les battre ». Analyse d'un discours choc sur la souveraineté.

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KAMPALA – L’onde de choc provoquée par l’arrestation de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines atteint les rives du lac Victoria. Dans un discours fleuve prononcé le 4 janvier 2026, le président ougandais Yoweri Museveni a fustigé l’interventionnisme occidental et appelé les dirigeants africains à une prise de conscience militaire et technologique immédiate.

Pour le président Museveni, la capture du leader vénézuélien n’est pas qu’un événement sud-américain : c’est un avertissement global. S’exprimant lors de sa session d’échange avec la jeunesse (« Jazz with Jajja ») à la State Lodge de Nakasero, il a souligné la fragilité des nations face aux puissances capables de frapper n’importe où sur le globe.

« Ce qui est arrivé au Venezuela peut arriver à n’importe qui si nous ne sommes pas organisés. L’Afrique ne doit pas rester un terrain de jeu où les autres viennent cueillir des chefs d’État comme des fruits mûrs », a déclaré le doyen de la politique est-africaine.

Le passage le plus remarqué de son allocution concerne la confrontation directe des capacités militaires. Si Museveni reconnaît la supériorité technologique des États-Unis, il affirme une résilience africaine inébranlable au sol.

  • La domination des airs et de l’espace : Museveni a admis que l’Afrique accuse un retard dangereux. « Ils sont sur la lune, ils nous surveillent par satellite, ils contrôlent l’air. »

  • La réalité du terrain : C’est ici que le président ougandais a lancé son défi : « Mais sur le terrain, nous pouvons les battre. L’homme africain est un combattant de la terre. »

Cette déclaration résonne comme un appel à la guerre asymétrique et à la fortification des défenses territoriales africaines face aux technologies de pointe occidentales.

Au-delà de la rhétorique guerrière, Yoweri Museveni a plaidé pour une accélération de l’intégration politique et militaire du continent. Il a salué l’émergence d’une nouvelle génération de leaders panafricains, citant indirectement les dynamiques de l’Alliance des États du Sahel (AES), pour leur refus de la tutelle étrangère.

Pour lui, l’Afrique doit impérativement développer ses propres capacités de surveillance spatiale et aérienne pour ne plus être « aveugle » face aux puissances mondiales. « Sans une défense intégrée, nous ne sommes que des spectateurs de notre propre destin », a-t-il ajouté.

Cette sortie intervient dans un contexte électoral tendu en Ouganda, à quelques jours du scrutin présidentiel du 15 janvier 2026. En se posant en rempart contre l’impérialisme, Museveni cherche à consolider sa base nationale tout en reprenant le leadership idéologique du mouvement souverainiste sur le continent.

L’administration américaine, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement à ces propos, mais les relations entre Kampala et Washington, déjà fragilisées par des sanctions économiques en 2025, semblent atteindre un point de non-retour.


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