L’ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a choisi ce 8 décembre 2025 pour adresser un long et détaillé « Courrier » aux Ivoiriens. Son message est une récapitulation historique des crises qui ont secoué le pays entre 2000 et 2011, avec une conclusion percutante : « Tant qu’un fait n’est pas jugé totalement, il devient une injustice. »
Dans ce texte, Laurent Gbagbo rappelle son arrivée au pouvoir en 2000, marquée par la découverte du charnier de Yopougon, et son arrestation le 11 avril 2011, suite à une « pagaille » électorale transformée en combats.
L’ancien Président met en évidence un paradoxe qu’il juge insupportable : il a été arrêté, bien qu’il ait été le Président légal et légitime confronté à une rébellion. Il énumère les chefs de cette rébellion (Soro Guillaume, Sergent-chef IB, Chérif Ousmane, Wattao, etc.) pour insister sur le fait qu’aucun d’entre eux n’a été inquiété ni jugé par la Cour Pénale Internationale (CPI).
La question centrale de son courrier est la suivante : « Pourquoi aucun des autres acteurs n’a-t-il été arrêté, ni jugé par la CPI ? »
Il réaffirme avoir fait sa part en consentant à l’organisation de l’élection de 2010 malgré le non-désarmement, un point qu’il attribue à la pression de l’ONU et de l’Occident.
Fort de son acquittement définitif le 31 mars 2021, Laurent Gbagbo ne se contente pas de clore le chapitre judiciaire personnel. Il demande à son avocat, Maître Emmanuel Altit, de « ressaisir la CPI » pour relancer l’enquête sur l’ensemble des crimes commis durant cette période.
L’objectif est d’obtenir une justice complète pour les victimes et de lever les zones d’ombre de la crise. Les questions qu’il souhaite voir traitées par la CPI sont claires :
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Qui a conçu et financé la rébellion ?
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Qui a organisé le génocide Wê ?
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Pourquoi l’ONU et l’Occident ont-ils poussé à aller à l’élection alors que le désarmement n’était pas fait ?
Le courrier de Laurent Gbagbo est un puissant appel à la vérité, qu’il érige en « condition de la paix ». En signant en tant qu’« Ancien Président de la République de Côte D’ivoire » et « Ancien prisonnier de la CPI », il se positionne non seulement comme un acteur politique, mais comme le porte-parole de ceux qui attendent toujours que justice soit faite.





























