Quarante-cinq ans jour pour jour après un événement inédit qui a marqué l’histoire de l’éducation en Côte d’Ivoire, le souvenir de l’annulation du Baccalauréat de 1980 ressurgit. Le vendredi 20 juin 1980, un véritable « coup de tonnerre » s’abattait sur le système éducatif ivoirien. Le ministre de l’Éducation nationale d’alors, Akoto Yao, annonçait la décision drastique d’annuler les épreuves du baccalauréat.
La raison de cette mesure exceptionnelle ? Des fuites massives de sujets avaient été révélées pendant les compositions, pourtant entamées trois jours plus tôt. Pour préserver « l’équité et la crédibilité du diplôme », les quelque 10 000 candidats qui avaient déjà composé furent convoqués de nouveau pour reprendre l’intégralité des épreuves dès le 23 juin.
Cette session particulière s’est soldée par un taux de réussite historiquement bas de 38,32 %, l’un des plus faibles jamais enregistrés depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Un chiffre qui témoigne de la difficulté de l’épreuve et de l’impact des circonstances exceptionnelles sur les performances des candidats.
Pourtant, au milieu de cette adversité, certains élèves ont su « briller malgré tout ». Parmi les lauréats de cette session mouvementée de 1980, un nom résonne aujourd’hui avec une signification particulière dans le paysage politique et économique ivoirien : celui de Cheick Tidjane Thiam.
À l’époque, Tidjane Thiam était un élève en Terminale C (scientifique) au prestigieux Lycée Classique d’Abidjan. Il s’est distingué non seulement en obtenant son baccalauréat avec une mention Bien, mais il fut également le lauréat du concours général de mathématiques la même année. Une reconnaissance de ses aptitudes intellectuelles précoces et exceptionnelles, qui ont été confirmées par un Ministre de l’enseignement technique.
Cet épisode marquant de l’histoire éducative ivoirienne est un rappel puissant des défis persistants en matière de transparence et d’éthique dans les systèmes d’examen. Mais il souligne aussi la résilience des élèves face à l’adversité et la capacité de certains à exceller même dans les conditions les plus difficiles. Le parcours de Tidjane Thiam, aujourd’hui figure de proue de l’opposition, prend racine dans cette période singulière.





























