L’affaire judiciaire opposant Valérie Yapo, membre du Bureau Politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), à son parti et à son président, Tidjane Thiam, prend un nouveau tournant avec des déclarations qui contredisent les informations initiales. Alors qu’un verdict du 22 mai 2025 avait été rapporté comme ayant débouté toutes les plaintes de Yapo, cette dernière a clamé victoire sur le plateau de Life TV.
« Non je n’ai pas été déboutée par la justice. Le but de ma plainte était ma réintégration au sein du parti ; et ça a été obtenue. Je suis gagnante », a affirmé Valérie Yapo avec force. Cette déclaration vient en opposition directe avec le communiqué de Maître Gohoré Suy Bi, avocat du PDCI-RDA, qui avait indiqué que les demandes de Yapo étaient « sans objet » en raison de la démission de Thiam et de l’organisation d’un nouveau congrès. La version de Valérie Yapo suggère une issue favorable à ses requêtes de réintégration, ce qui pourrait impliquer un retournement de situation ou une interprétation différente du verdict.
Au-delà de sa propre réintégration, Valérie Yapo a mis en lumière un autre aspect majeur de la décision de justice, qui relance une vieille controverse autour de la nationalité de Tidjane Thiam. Selon ses propos, la juge aurait interpellé les avocats de Thiam, déclarant que « le père de Thiam est né en 1923 au Sénégal et que eux (les avocats de Thiam) n’ont jamais montré un seul papier de la nationalité française du père de Thiam donc attention. »
Cette allusion à la nationalité du père de Tidjane Thiam et l’absence de preuves de sa nationalité française par ses avocats, si elle est avérée dans le jugement, pourrait avoir des implications politiques significatives. La question de la nationalité, et plus précisément de la double nationalité ou de l’ascendance étrangère, est un sujet sensible et régulièrement instrumentalisé dans le débat politique ivoirien, notamment en période électorale.
Enfin, Valérie Yapo a également revendiqué une victoire majeure sur un autre front : « Thiam a été radié de la liste électorale, c’est ce que je voulais et les ivoiriens m’ont suivi ». Si cette radiation est confirmée par les documents judiciaires, cela constituerait un coup dur pour Tidjane Thiam et le PDCI-RDA, car la présence sur les listes électorales est une condition sine qua non pour se présenter à une élection. Cette radiation, si elle est effective, mettrait un obstacle majeur à ses ambitions politiques futures en Côte d’Ivoire.
Ces déclarations de Valérie Yapo, faites publiquement, soulèvent de nombreuses questions et nécessitent des éclaircissements de la part du PDCI-RDA et de Tidjane Thiam pour comprendre la nature exacte du verdict de la justice. Elles ravivent les tensions internes au sein du parti et promettent de relancer un débat houleux sur la légitimité et l’éligibilité de ses dirigeants. La suite de cette affaire sera scrutée avec attention par la classe politique et l’opinion publique ivoirienne.





























