À l’approche de l’élection présidentielle de 2025, les artistes ivoiriens Fadal Day et Serge Kassy ont échangé en direct sur les antennes de la télévision nationale, ouvrant un débat sur le rôle de la musique dans la quête de la paix. Leur conversation a révélé deux visions distinctes quant aux moyens de promouvoir la cohésion sociale en cette période électorale.
Se définissant lui-même comme un artiste « pro-RHDP » – une position qu’il assume – Fadal Day a tendu la main à Serge Kassy, connu pour son appartenance à la mouvance « pro-Gbagbo ». Faisant fi des clivages politiques, Fadal Day a proposé un duo musical pour sensibiliser les populations à un scrutin apaisé.
« Dans le cadre de la sensibilisation d’une élection présidentielle apaisée, et pour la cohésion sociale, nous pouvons unir nos voix pour sensibiliser les populations », a-t-il déclaré, invitant Serge Kassy à poser sa voix sur une chanson de paix qu’il a composée, intitulée « Tournons la page ».
Tout en qualifiant l’initiative de « très belle », Serge Kassy a exprimé un profond scepticisme quant à son efficacité dans le contexte actuel. Il a soulevé une question fondamentale : « Qui va véritablement écouter cette chanson en cette période où les populations sont tiraillées par la peur et les élections d’octobre 2025 ? »
Selon l’artiste, une telle œuvre ne pourrait avoir un écho favorable tant que les problèmes de fond ne sont pas résolus. Il a ciblé le véritable « creux du problème », celui qui divise actuellement les Ivoiriens.
Serge Kassy a clairement identifié l’enjeu principal des tensions politiques, qui, selon lui, dépasse la portée d’une simple chanson : « C’est la polémique autour de l’inscription sur la liste électorale des candidats PDCI-RDA et le PPACI, deux partis qui ont une grande assise ici en Côte d’Ivoire ».
Pour Serge Kassy, la solution réside dans le règlement de cette question politique, plutôt que dans la médiation artistique. L’échange entre les deux artistes met en lumière un désaccord fondamental sur les moyens de pacifier le climat politique : l’un misant sur la force symbolique de l’art, l’autre sur la résolution des problèmes politiques et juridiques concrets.








































