PASSEPORTS: 2,4 milliards en moyenne chaque année.

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La société SNEDAI, concessionnaire du service public de confection des passeports en Côte d’Ivoire, produit en moyenne chaque année, 60 mille passeports.

Ce nombre à minima rapporté au montant du passeport, 40.000 FCFA, rapporte en moyenne et annuellement à SNEDAI et à ses partenaires techniques, la somme de 1,2 milliard et, à l’Etat, la somme de 1,2 milliard déposée sur un compte séquestre qui ne peut être mouvementé que par les services soit du ministère du Budget soit du ministère de l’économie (Trésor Public).

La convention signée entre l’Etat de Côte d’Ivoire et SNEDAI, n’exclut pas l’Etat du processus d’établissement du passeport, bien au contraire, l’Etat a la haute main sur tout le processus, SNEDAI n’intervenant qu’uniquement au niveau de la production du passeport.

Il est donc particulièrement inquiétant que le ministère du budget ait pu donner la réponse qu’on a lue dans le rapport de la Cour des Comptes alors que justement, le parlement a adopté depuis décembre 2022, la Loi de finance qui retrace toutes les recettes et dépenses de l’Etat, en 2022.

Le communiqué produit ce mercredi par la société SNEDAI est un communiqué à minima , conséquence de l’émotion que suscite cette affaire, parce qu’il n’appartient pas à cette société privée de répondre à la place des structures de l’Etat, sur la destination ou l’utilisation de ressources publiques.

A présent cependant que SNEDAI a parlé, il appartient au ministère du budget et des finances, de dire aux Ivoiriens qui s’émeuvent à raison de cette situation, qui gère le compte séquestre sur lequel est déposé la part de ressources de l’Etat, liée à l’activité de production des passeports?

Quant à l’ONECI, structure sous tutelle du ministère de l’Intérieur, on comprend qu’elle ne puisse pas prendre publiquement la parole pour dire aux Ivoiriens, où sont passées les ressources liées à la production des CNI, en 2022.

Le ministère de l’Interieur n’ayant pas la vocation de recevoir et de disposer de recettes publiques, par quelque bout qu’on prenne l’affaire, on est obligé de se tourner encore vers le ministère du budget et des finances pour avoir la vérité.

Dans un contexte où le gouvernement ne fait que plonger ses longues mains dans les poches des populations pour combler, paraît-il, des déficits divers, cette affaire « de l’argent qu’on ne retrouve pas », est du plus mauvais effet.

ASSALE TIÉMOKO ANTOINE

DÉPUTÉ DE LA NATION.

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