La dépigmentation de la peau, communément appelée « kaba » ou « tchatcho » en Côte d’Ivoire, est une pratique de modification esthétique devenue courante dans plusieurs régions du pays. Cette tendance, bien qu’ancrée dans certaines croyances sociales et culturelles, suscite de vives préoccupations en raison de ses effets sur la santé et des stigmates qu’elle engendre.
Pourquoi les Ivoiriens se dépigmentent-ils la peau ?
La dépigmentation volontaire, qui consiste à éclaircir la peau à l’aide de crèmes, savons, injections ou comprimés, repose souvent sur des idéaux de beauté liés à la clarté de la peau.
Les motivations principales incluent :
-Les standards de beauté : Une peau claire est parfois perçue comme un signe de richesse, de modernité ou d’élégance.
-L’acceptation sociale : Certains estiment qu’une peau plus claire améliore les opportunités sociales, sentimentales ou professionnelles.
-La pression médiatique : Les publicités et médias valorisent souvent les teints clairs, influençant les jeunes générations.
Les produits utilisés pour la dépigmentation
Les produits de dépigmentation incluent des crèmes éclaircissantes, des savons blanchissants, et parfois des médicaments non réglementés. Parmi les substances actives couramment utilisées, on retrouve :
-L’hydroquinone
-Les corticoïdes
-Le mercure
Ces ingrédients, souvent présents dans des produits vendus sur le marché noir, posent des risques sanitaires importants.
Conséquences sur la santé
La dépigmentation peut provoquer des complications graves telles que :
-Maladies de la peau : Vergetures, acné sévère, fragilité cutanée.
-Risques de cancer : Une exposition accrue aux rayons UV augmente les risques de cancer de la peau.
-Troubles rénaux et hormonaux : Le mercure contenu dans certains produits peut entraîner des insuffisances rénales et perturber le système hormonal.
-Vieillissement prématuré de la peau : La peau dépigmentée devient fine, fragile et perd son élasticité.
Le cadre légal en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, la vente de produits contenant des substances interdites, comme l’hydroquinone et le mercure, est formellement prohibée par les autorités sanitaires. Toutefois, le commerce illégal persiste, notamment dans les marchés populaires et sur les plateformes en ligne.
Le Ministère de la Santé mène des campagnes de sensibilisation pour décourager cette pratique et renforcer la réglementation. Des saisies de produits prohibés sont régulièrement effectuées, mais le phénomène reste difficile à éradiquer en raison de la demande croissante.
Les solutions pour contrer la dépigmentation
Face à ce fléau, plusieurs initiatives ont été mises en place :
–Sensibilisation communautaire : Des campagnes dans les écoles, médias et espaces publics encouragent l’acceptation de la diversité des teints de peau.
–Promotion du teint naturel : Des célébrités et influenceurs locaux militent pour la valorisation de la beauté naturelle.
–Renforcement des lois : Les autorités travaillent à renforcer le contrôle des produits cosmétiques sur le marché.
–Soins dermatologiques : Des dermatologues proposent des traitements pour les complications causées par la dépigmentation.
La dépigmentation de la peau en Côte d’Ivoire est un phénomène complexe qui mêle facteurs culturels, sociaux et économiques. Bien qu’elle puisse être perçue comme une quête de beauté, elle représente un danger réel pour la santé et l’estime de soi. Les efforts conjoints du gouvernement, des ONG, et des acteurs de la société civile sont essentiels pour sensibiliser et offrir des alternatives valorisant le teint naturel.





























