Au Burkina Faso, la grogne monte dans les casernes

Un mouvement d’humeur a gagné des garnisons militaires le 20 septembre avant d’être finalement contenu. Ces dernières semaines, le régime du capitaine Ibrahim Traoré se montre particulièrement sur ses gardes.

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L’affaire a été suffisamment sérieuse pour que certains se demandent si un nouveau coup d’État n’était pas en gestation au Burkina Faso. Selon plusieurs sources militaires et sécuritaires jointes par Jeune Afrique, des mouvements d’humeur ont eu lieu mercredi 20 septembre dans la soirée dans différents camps militaires – y compris au camp Sangoulé Lamizana de Ouagadougou – avant d’être finalement contenus.

La grogne se serait propagée après la mort d’un sous-lieutenant des forces spéciales respecté de ses hommes lors d’une récente opération dans la région de Bobo-Dioulasso.

Plusieurs autres garnisons touchées

Selon un officier, « plusieurs garnisons » ont connu des tensions. Les militaires mécontents se plaindraient, entre autres, des nombreuses pertes dans leurs rangs et d’enterrements à la sauvette de leurs frères d’armes tués au front.

La récente décision des autorités de transition d’envoyer des troupes au Niger pour faire face à une éventuelle intervention de la Cedeao – alors que la menace jihadiste est loin d’être maîtrisée au Burkina Faso – aurait également fait monter les tensions au sein de l’armée burkinabè.

Moins d’un an après son arrivée au pouvoir par un coup d’État, le 2 octobre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré redoute – particulièrement depuis quelques semaines – des tentatives de déstabilisation de son régime, sur fond de contestation grandissante de son action par une partie des hauts gradés de l’armée. La semaine dernière, il avait notamment remanié ses services de renseignement, après que les autorités de transition ont annoncé avoir déjoué un « complot contre la sûreté de l’État » impliquant des sous-officiers.

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