« C’est enfantin » : Laurent Gbagbo réagit à la dissolution de la CEI et tacle le pouvoir

Fidèle à son style, Laurent Gbagbo réagit à la dissolution de la CEI et dénonce l'exclusion de figures majeures (Thiam, Soro) de la présidentielle de 2025.

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Quelques jours après l’annonce surprise de la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) par le gouvernement, le Président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, est sorti de son mutisme. Sans langue de bois, l’ancien chef de l’État fustige la gouvernance électorale actuelle et exprime ses vives inquiétudes quant aux réformes à venir.

Pour Laurent Gbagbo, le véritable problème du système électoral ivoirien ne réside pas seulement dans les institutions, mais dans la volonté d’écarter délibérément les principaux leaders de l’opposition. Revenant sur le processus entourant l’élection présidentielle d’octobre 2025, il dénonce une stratégie d’éviction qu’il qualifie de peu sérieuse.

« On organise une élection présidentielle, puis on retire les noms de certains candidats. Pourquoi ? On retire la candidature de THIAM, celle de GBAGBO et celle de SORO… pourquoi ? C’est enfantin. On ne fait pas la politique comme ça. »

En citant nommément Tidjane Thiam (PDCI-RDA), Guillaume Soro (Génération et Peuples Solidaires) et sa propre personne, le leader du PPA-CI pointe du doigt un déficit d’inclusivité qui fragilise, selon lui, la légitimité des scrutins en Côte d’Ivoire.

Alors que le porte-parole du gouvernement a présenté la dissolution de la CEI comme une opportunité de bâtir un mécanisme plus consensuel, Laurent Gbagbo se montre particulièrement méfiant. Pour lui, l’ancienne commission, qualifiée de « façon-façon » (bancale ou partiale), pourrait laisser la place à un dispositif encore moins rassurant.

  • Une posture d’observation : « Moi, je me tais pour le moment, parce que je ne sais pas encore ce qu’ils vont faire », tempère-t-il.

  • La crainte d’un recul démocratique : Il formule ses doutes de manière très directe : « Je ne sais pas si ce qu’ils préparent sera plus dangereux que ce qu’ils faisaient déjà. »

Pour le Woody de Mama, les réformes successives qui ne touchent pas au fond du problème — à savoir l’organisation de scrutins transparents et ouverts à tous — relèvent de l’agitation politique inutile. En qualifiant l’ensemble de ces manœuvres de « brouhaha », il appelle à un retour aux fondamentaux de la démocratie où le peuple choisit librement ses dirigeants parmi toutes les forces vives de la Nation.

Cette sortie de Laurent Gbagbo démontre que la dissolution de la CEI est loin d’avoir apaisé les tensions. Pour l’opposition, la confiance ne se restaurera pas uniquement par un changement de nom ou de structure, mais par des actes concrets garantissant la participation de tous les acteurs clés à la vie démocratique du pays.


Austin KOFFI

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