Pour beaucoup de citoyens, les débats autour de la Commission électorale et des réformes institutionnelles ne sont que du « gros français » ou des querelles de politiciens. Pourtant, la réalité du terrain vient cruellement rappeler que la politique régit chaque aspect de notre quotidien. Des opérations de déguerpissement massives à la gestion des biens publics, chaque décision administrative découle directement du pouvoir que nous conférons — ou non — à nos dirigeants.
Lorsqu’une machine entreprend de détruire des habitations ou des commerces, elle ne trie pas ses cibles en fonction des cartes de membre. Sur les ruines des quartiers déguerpis, il n’y a plus de distinctions partisanes :
« Dans la réalité, quels propriétaires étaient RHDP, PDCI, PPA-CI ou d’autres formations ? Les bulldozers ne connaissent pas les partis politiques. »
Ce constat dramatique met en lumière l’illusion dans laquelle se bercent ceux qui pensent que leur affiliation politique ou leur neutralité apparente les mettra définitivement à l’abri des rigueurs de la gouvernance.
Pourquoi des autorités prennent-elles parfois des décisions unilatérales sans transition ou sans réelle prise en compte de l’impact social ? La réponse réside dans le sentiment d’impunité institutionnelle.
Si une institution électorale est réellement indépendante et que le vote est transparent, le rapport de force change radicalement :
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La peur de la sanction électorale : Un gouvernement, un maire ou un député réfléchira à plusieurs reprises avant de valider une mesure impopulaire, car il saura que des populations mécontentes le sanctionneront immédiatement dans les urnes.
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Le contrôle des décisions : Des élections justes et crédibles sont le seul levier pacifique dont disposent les citoyens pour contraindre les responsables publics à respecter leurs engagements et à écouter la base.
L’expression bien connue « moi, je ne fais pas la politique » ou le désintérêt pour les questions institutionnelles est en réalité un chèque en blanc accordé aux dirigeants. Se désintéresser des conditions de transparence du vote, c’est accepter d’avance de subir les décisions de ceux qui seront installés au pouvoir, parfois sans une réelle légitimité populaire.
Censurer le débat, insulter ceux qui réclament des réformes ou fuir ses responsabilités civiques ne protège en rien. Tôt ou tard, les failles du système institutionnel finissent par impacter le citoyen lambda dans sa chair, dans son âme ou dans ses biens matériels.
La transparence électorale n’est pas un caprice de l’opposition ou une lubie d’intellectuels. C’est le bouclier du peuple. Tant que les populations n’auront pas compris que la qualité de leur bulletin de vote détermine la sécurité de leur maison, de leur emploi et de l’avenir de leurs enfants, elles resteront à la merci d’une gouvernance verticale. Le civisme commence par la réclamation d’un jeu électoral juste et équitable pour tous.
Date de publication : 4 juin 2026 par Austin KOFFI
Source d’origine: Vincent Toh Bi
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