Affaire « Thérèse et Mandela » : Marie-Thérèse Houphouët-Boigny porte plainte contre Serge Bilé

La famille de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny porte plainte contre le journaliste Serge Bilé après la diffusion du documentaire "Thérèse et Mandela". Entre accusations de diffamation et défense du droit à l'information, plongée au cœur d'un clash médiatique et judiciaire sans précédent en Côte d'Ivoire.

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Le paysage médiatique ivoirien est secoué par une onde de choc judiciaire. Suite à la diffusion du documentaire « Thérèse et Mandela », la famille de l’ancienne Première dame, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, a annoncé son intention de traduire le journaliste de renom Serge Bilé devant les tribunaux pour diffamation et atteinte à la vie privée.

Un documentaire sous le feu des critiques

Le samedi 15 novembre 2025, la diffusion sur une chaîne privée ivoirienne du film « Thérèse et Mandela » a suscité une vive polémique. Ce documentaire de 52 minutes, dont le titre suggérait une idylle secrète entre la veuve du « Vieux » et l’icône de la lutte anti-apartheid, est aujourd’hui au cœur d’un litige frontal.

L’entourage de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny est catégorique : le contenu est jugé mensonger et tendancieux. Selon leurs déclarations, l’ancienne Première dame n’aurait jamais donné son aval pour cette production qu’elle considère comme une violation flagrante de son intimité.

Le nœud de la discorde : une rencontre qui n’aurait jamais eu lieu

Le film de Serge Bilé met en scène une supposée cour assidue que Marie-Thérèse aurait entreprise auprès de Nelson Mandela à la fin des années 90, après le divorce de ce dernier d’avec Winnie Mandela.

La réponse de l’intéressée ne s’est pas fait attendre :

« J’ai été en Afrique du Sud pour une visite privée personnelle… mon beau-fils de l’époque, John Fashanu… m’a ensuite proposé de rencontrer son père [Mandela], en ma qualité d’ancienne Première dame. Mais cette rencontre n’a jamais eu lieu », a-t-elle déclaré pour rétablir sa vérité.

La polémique sur les sources : vers une crise d’éthique journalistique ?

L’aspect le plus grave de cette affaire réside dans la contestation des méthodes de collecte d’informations. Amal Fashanu, fille de l’ancien footballeur John Fashanu, est montée au créneau pour dénoncer une manipulation d’images. Elle affirme que son père n’a jamais accordé d’entretien à Serge Bilé. Les séquences utilisées dans le film proviendraient de « piochages » sur les réseaux sociaux, détournant ainsi des propos tenus dans d’autres contextes.

Face à ces accusations, Amal Fashanu appelle les autorités ivoiriennes à prendre des sanctions exemplaires contre le journaliste, dénonçant un procédé « méprisant » envers une figure historique du pays.

La défense de Serge Bilé : « Dévoiler des choses qu’on nous cache »

Contacté via sa chargée de communication, Serge Bilé maintient sa position. Le journaliste affirme avoir tenté de joindre Marie-Thérèse Houphouët-Boigny à plusieurs reprises par courriers officiels à son adresse française, restés sans réponse.

Pour le producteur, il ne s’agit pas d’une tentative de nuire, mais d’un travail de mémoire nécessaire. Dans un message transmis par WhatsApp, il précise :

« Je ne cherche pas à nuire à quiconque mais juste à faire mon boulot en tendant le micro à des personnes ressources pour dévoiler des choses qu’on nous cache. »

Son objectif affiché : éclairer les jeunes générations sur les figures emblématiques de la politique africaine.

Entre justice et devoir de mémoire

Alors que le dénouement de cette affaire se jouera désormais devant les tribunaux, le débat sur la limite entre le droit à l’information et le respect de la vie privée des personnalités publiques est relancé. Parallèlement, l’ouvrage de Brice Brou, « Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, naissance d’une icône », vient offrir une autre perspective sur la vie de celle qui fut l’ambassadrice de l’élégance et de la diplomatie ivoirienne pendant plus de trois décennies.

Peut être une image de produit capillaire et texteLe monde des médias attend désormais de savoir si la justice ivoirienne privilégiera la protection de l’image d’une icône nationale ou la liberté de narration d’un journaliste d’investigation.


Par MOUNA KOISSY, journaliste
Information de base: Constant Cocora

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