L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a connu un événement majeur le 1er octobre 2025, marquant l’ouverture de sa deuxième et dernière session ordinaire. Les députés de l’opposition, regroupant les groupes parlementaires du PDCI-RDA et du PPA-CI, ainsi que les non-inscrits, dont l’ancien Premier Ministre Pascal Affi N’GUESSAN, Assalé Tiémoko et Djè bi Djè Olivier, ont choisi de boycotter la cérémonie solennelle de rentrée.
Cet acte de protestation vise à exprimer leur « profonde désapprobation face à la conduite calamiteuse » du processus électoral en vue de la présidentielle du 25 octobre 2025. Les députés accusent le régime RHDP de refuser obstinément de créer les conditions d’une paix durable et d’une cohésion sociale indispensable, mettant « gravement en péril l’unité nationale ».
Dans leur déclaration, les parlementaires de l’opposition détaillent ce qu’ils qualifient de « dérives » menant à l’essor d’un « régime autocratique » en Côte d’Ivoire.
L’opposition pointe une « inconstitutionnalité flagrante » dans la décision du Conseil Constitutionnel du 8 septembre 2025. Les députés affirment que l’institution a écarté des candidats en statuant hors délai (violation de l’Art. 56 alinéa 2 de la Constitution) et sans respecter les délais de publication de la liste définitive. Ce mépris des textes de lois, selon eux, n’a qu’un seul objectif : ouvrir un boulevard à un « quatrième mandat anticonstitutionnel » du Président Alassane Ouattara.
L’opposition dénonce un « verrouillage du processus électoral » marqué par plusieurs pratiques :
- L’empêchement des principaux leaders de l’Opposition de participer au scrutin de 2025.
- L’opacité du système de parrainage.
- Le refus de la révision annuelle de la liste électorale (RLE) par la CEI pour l’année 2025, malgré un budget alloué de plus de 27 milliards de francs CFA. Ce refus exclut de facto les nouveaux majeurs et maintient une « radiation arbitraire de millions de citoyens ».
- Le mépris de la décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU concernant les droits politiques des Présidents Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.
Les élus dénoncent une « répression politique » validée par les autorités judiciaires, caractérisée par :
- Des arrestations arbitraires et des détentions prolongées de responsables et militants.
- Des « enlèvements nocturnes avec brutalité… par des hommes encagoulés », créant un climat de peur et assimilé à un « véritable terrorisme d’État ».
- La criminalisation de la critique du Gouvernement, y compris sur les réseaux sociaux, par une « interprétation erronée » de la loi sur la presse.
Enfin, l’opposition estime que l’ensemble de l’appareil d’État, y compris les médias publics, est instrumentalisé pour servir le Président sortant et son parti. L’appartenance à l’Opposition serait désormais « assimilée à un délit ».
Face à ces dérives, les députés réaffirment leur « attachement irrévocable aux valeurs fondamentales de la République ». Ils s’engagent à user de tous les moyens strictement démocratiques – interpellations parlementaires, recours judiciaires, plaidoyers internationaux, marches citoyennes – pour que la présidentielle se tienne dans la « transparence et sans exclusion arbitraire ».










































