En janvier 1910, les Abbey et les Attié du sud-est de la Côte d’Ivoire s’étaient insurgés contre le pouvoir colonial, incarné tout particulièrement par le chemin de fer qui traversait leur territoire. Faisant preuve d’une préparation attentive et d’une coordination parfaite, le 7 janvier, les rebelles avaient attaqué la voie ferrée à plusieurs endroits, causant de nombreuses victimes, dont un Européen, Rubino, employé de la Compagnie française de l’Afrique occidentale (CFAO). La révolte avait été finalement réprimée à la fin du mois de mars, par l’intervention particulièrement musclée des troupes du commandant Noguès.Dans ce cadre hautement dramatique, marqué par un millier de tués, tous Africains, dans une petite région et en trois mois seulement, la perte d’un seul Européen prendra un relief disproportionné, jusqu’à susciter des versions incohérentes, voire fantaisistes autour de sa mort. Il existe en effet au moins quatre versions discordantes concernant le sort malheureux et la mort, survenue le 7 janvier 1910, du colon Rubino, dont le prénom demeure inconnu tandis que le patronyme (à l’orthographe longuement instable) désigne désormais une localité de gare sur la ligne ferroviaire Abidjan-Niger (RAN, devenue aujourd’hui Sitarail), au km 101, en proximité du lieu du meurtre.

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