Originaire de Bondoukou dans la région du Zanzan (Nord-est de la Côte d’Ivoire), Spécialiste en sculpture monumentale, Maître Koffi Donkor (57ans), diplômé de l’école des Beaux Arts d’Abidjan, reste l’une des valeurs sûres du 2ème Art en Côte d’Ivoire.
Mais, c’est à Ifé, au Nigeria, qu’il recevra sa formation en sculpture monumentale. Actuellement vacataire à l’Institut supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC) d’Abidjan, le plasticien et ex – professeur d’arts plastiques au Collège Moderne Koko de Bouaké a marqué de son empreinte, l’histoire des Arts monumentales en Côte d’Ivoire.

Revenant sur ses débuts, Koffi Donkor révèle : mon père était photographe à Daloa où je suis né en 1953. Il était propriétaire du studio Kodak. Il s’appelait vieux Donkor et était le chef des Abrons résidant à Daloa. Mon grand-père, lui, était sculpteur. Ces deux hommes ont beaucoup inspiré ma carrière de sculpteur – plasticien. Après ma formation au Nigeria, j’ai commencé à enseigner les Arts plastiques à Bouaké. J’y ai enseigné pendant 23 ans au Collège Moderne Koko de Bouaké. Face à la crise ivoirienne de 2002, j’ai dû m’installer à Abidjan. J’ai pris ma retraite. L’INSAAC, par le biais de son département des Beaux Arts, m’a fait appel. Je voudrais souligner que lorsque je suis venu à Abidjan, je suis retourné à l’école et j’ai obtenu mon diplôme de Maîtrise en Arts plastiques.

Élève des célèbres professeurs d’arts Christian Lattier, Thiériou et Okéké à l’école des beaux arts. Lauréat de plusieurs concours et prix dont une médaille d’or obtenue en Chine. Koffi Donkor est l’auteur de plusieurs monuments :
– Le Monument des Éléphants, devant la
Cathédrale Saint – Paul du Plateau (Abidjan) ;
– Le Monument des ‘’Tambourineurs’’ à
l’Aéroport Félix Houphouët-Boigny (Abidjan) ;
– Le Monument ‘’A nos morts’’ (Bouaké) ;
– Le Monument le bol de riz, au quartier
Commerce en face de la CNPS (Bouaké) ;
– L’ex Monument Félix Houphouët-Boigny,
Rond point quartier Air France (Bouaké) ;
– Le Monument ‘’La femme Dida’’ (Divo)…etc.

Mais son œuvre la plus célèbre reste le Monument de la Statue Akwaba à Abidjan. À la sortie de l’Aéroport International Félix Houphouët-Boigny, se dresse fièrement le monument qui symbolise, à lui seul, toute l’hospitalité du peuple Ivoirien : la statue “Akwaba” synonyme de “Bienvenue ou Bonne arrivée” en langue Akan, parlée par près de 8,5 millions de personnes en Côte d’Ivoire.
Montée d’abord à Bouaké en 1989 avant d’être transporté à Abidjan, la statue Akwaba mesure une dizaine de mètres et pèse 18 tonnes. Conçue en forme cubique, elle est posée sur un socle de 24 tonnes et un fondement de 8 mètres de profondeur. Pour sa construction, on a usé du fer tissé sous forme de toiles d’araignée, du marbre concassé et du ciment blanc.

La statue Akwaba a été construite suite à un concours organisé par la Mairie Centrale d’Abidjan en 1989. Parmi les nombreuses œuvres en lice, le jury du concours avait jeté son dévolu sur la statue du professeur des Arts plastiques à Bouaké et spécialiste de la sculpture monumentale, Koffi Donkor qui, au tout début, l’a baptisée “Attour” qui s’emploie pour marquer la joie des deux parties qui se retrouvent. Chez les communautés “Akan”, l’hôte et l’invité se disent mutuellement “Attour” en faisant l’accolade.

Selon son concepteur Koffi Donkor, cette statue a une charge symbolique très profonde. “Quand il y a eu la guerre en 2002 en Côte d’Ivoire, les images du monument Akwaba ont été diffusées sur la télévision ivoirienne RTI. Une façon pour que les Ivoiriens et les Ivoiriennes sachent que les valeurs normatives telles que l’unité, l’amour et la fraternité doivent en tous lieux être cultivées. L’Art aussi joue un rôle prépondérant dans la société”, avait-il lâché pour terminer.

COULIBALY Moumoune

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