Le 8 juillet 1860, le “Clotilda”, le dernier navire négrier à avoir accosté les Etats-Unis débarque en Alabama avec à son bord 110 êtres humains esclavagisés. Parmi ces malheureux, il y a le jeune Oluale Kazoola, un Yoruba, originaire du danhomey.

Tout cela se passe 52 ans après l’abolition de la traite des esclaves par les États-Unis.

Alors pourquoi une telle chose se produit-elle encore ?

Timothy Meaher, un riche propriétaire blanc aurait parié à un homme d’affaires, du nord 100 000 dollars qu’il pourrait faire passer une «cargaison» d’esclave en Amérique malgré l’interdiction.

De plus, pour masquer ce terrible crime, l’équipage met le feu au Clotilda après avoir débarqué les hommes que le navire transportait.

Anisi, Oluale Kazoola deviendra malgré lui l’esclave de la famille Meaher et de ses associés. James Meaher, son nouveau maître n’arrivant pas à prononcer son nom, Kazoola lui conseilla de l’appeler Cudjo qui est le nom que l’on donne aux garçons nés le lundi chez les éwés. Il prend alors le nom de Cudjo Lewis.

Le calvaire de Cudjo et de ses compagnons prit fin en 1865 avec l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis. Après leur libération ils tentèrent de rentrer en Afrique et d’obtenir des dédommagements au près des Meahers mais sans succès.

Cudjo et ses amis décidèrent alors de continuer à travailler chez les Meahers pour rassembler assez d’argent et acheter des terres en Amérique afin de pouvoir vivre selon leurs coutumes Africaines.

C’est ainsi qu’ils fondèrent ensemble ” Africa Town ” où ils vécurent selon leurs règles. Cudjo eut 6 enfants avec une femme qui avait voyagé avec lui. Ils les nomma tous avec des noms Africain pour rester fidèle à son pays. Cependant certains éléments de la culture américaine les avaient pénétré tel que le christianisme.

A l’âge de 90 ans, il se produisit un événement déterminant dans la vie de Cudjo Oluale Kazoola. L’écrivaine Afro-américaine Zora Neale Hurston vint à sa rencontre et lui proposa d’écrira un livre sur sa vie.

Cudjo fut si bouleversé, qu’il s’écria : « Merci Jésus! Quelqu’un est enfin venu pour Cudjo ! Je veux raconter mon histoire à quelqu’un, alors comme ça peut- être que quand vous irez en Afrique un jour et que vous direz mon nom, quelqu’un dira: «Oui, je connaissais Kazoola. »

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Il raconta à l’écrivaine tout son périple d’Ouidah aux Etats-Unis. Concernant son arrivée en Amérique il expliqua que les blancs leur avaient pris leurs vêtements :
” J’avais tellement honte. Nous sommes arrivés nus en Amérique, les gens disaient que nous étions nus et sauvages ” .

C’est sans doute une des raisons pour laquelle quand Hurston le prit en photo, il mit son plus beau costume et retira ses chaussures et dit ” je veux avoir l’air d’être en Afrique car c’est là que je veux être. ” .

L’écrivaine filma également Cudjo et fit de lui l’unique Africain déporté en Amérique à avoir été filmé.

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Toutefois, en 1931 aucun éditeur ne souhaite publier le livre de Zora Neale Hurston sur la vie du dernier Africain déporté aux Etats-Unis. Une des raisons avancées serait que l’auteur ait conservé les paroles de Cudjo dans le pidgin Anglais qu’il parlait. En effet, les personnes âgées de Africa Town avaient conservé leurs langues africaines et leur anglais était semblable au pidgin parlé en Afrique de l’ouest.

Il faudra attendre 2018 pour que le fameux manuscrit intitulé “Barracoon: The Story of the Last “Black Cargo” soit enfin publié et que l’histoire de Cudjo soit connue du monde entier .

En avril 2017, dans le quartier Africatown en Alabama, un buste à son effigie a été inauguré devant l’église missionnaire baptiste qu’il a construite au début du XXe siècle avec d’autres esclaves affranchis.

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Honneur et respect pour Cudjo Oluale Kazoola ! Hotep !

Source : http://kentakepage.com/cudjoe-kossula-lewis/

_https://www.nationalgeographic.fr/…/decouverte-de-lepave-pr…

_ https://www.lemonde.fr/…/le-clotilda-dernier-navire-negrier…

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