1- DE DIMBOKRO À MONROVIA

Premier fils d’une famille de neuf enfants,
Seydou Koné naît à Dimbokro en 1953.
Elevé par sa grand-mère, le petit garçon connaît des années heureuses :
En 1962, il retrouve sa mère à Korhogo ; celle-ci l’emmène à Odienné où son mari travaille pour la Compagnie française de Côte d’Ivoire, la CFCI. en 1972, il préside la section locale du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). On l’appelle Elvis Blondy. La même année, il part suivre sa seconde au lycée normal de Korhogo. A force de sécher les cours pour préparer les concerts,
Seydou est, à la fin de l’année, renvoyé du lycée.
Désireux d’apprendre l’anglais, il convainc sa mère
(qui lui trouve 25000 F CFA) de le laisser partir,
en auto-stop, pour le Liberia voisin.
En 1973, Seydou Koné est à Monrovia. Il y reste treize mois, prenant des cours pour maîtriser la langue des Beatles et donnant des leçons de français.
Mais le jeune homme veut aller plus loin.Il rentre en Côte d’Ivoire avec l’idée de partir aux Etats-Unis perfectionner son anglais,

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2 – LE RÊVE AMÉRICAIN

C’est en 1976 que le rêve devient réalité : Blondy (c’est ainsi qu’il signe les lettres envoyées aux amis restés au pays, surnom qui existe depuis le collège à Odienné) débarque à New York. Il s’inscrit dans une première école, la Geneva School of busines, où il suit pendant trois mois des leçons d’anglais commercial. Puis il use les bancs du Hunter College pour prendre des cours de langue accélérés et passer avec succès le test qui lui permet enfin de s’inscrire à l’American Language Program de Columbia University.
Pendant deux ans, le jeune Ivoirien suit ce programme destiné aux étudiants étrangers.

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Ensuite s’enchaînent les petits boulots.
Déjà quatre ans passés aux Etats-Unis, sans résultat vraiment palpable : en 1980, Blondy décide de rentrer en Côte d’Ivoire.
Peu glorieux, le retour est douloureux.
Le rêve américain a tourné au cauchemar.

3 – «PREMIÈRE CHANCE»

De retour à Abidjan, Blondy habite chez des amis. Il se met à répéter avec des musiciens ghanéens au ghetto d’Adjamé, au Bracody Bar. Désormais, il se fait appeler Alpha, qu’il a ajouté à Blondy en signe d’espoir d’une nouvelle vie, d’un commencement.
En 1981, Roger Fulgence Kassy lui propose de passer dans l’émission qu’il présente à la télévision ivoirienne (la RTI), «Première chance». Les deux hommes se connaissent de longue date.
Adolescents, ils se retrouvaient en effet à Abidjan pendant les grandes vacances, au quartier Ebrié, chacun chez son oncle (les deux oncles travaillaient à la Présidence) ; ils ont passé le BEPC la même année.
Avant le départ au Liberia, en 1973, c’est d’ailleurs ensemble qu’ils se présentent au concours d’entrée à la RTI. Fulgence réussit, et entre au studio-école de la télévision ivoirienne. Quand Blondy revient des Etats-Unis, Fulgence fait partie de l’équipe du studio 302, dirigée par Georges Benson.
«Tu verras, demain, ta vie va changer», avait prévenu Fulgence. Effectivement. Devant l’engouement suscité par le passage à la télévision, Georges Benson propose au chanteur de produire son premier album.
Ce sera «Jah Glory», qui sort fin 1982 début 1983.

Sur l’album, un titre que Benson hésite
à mettre : «Brigadier sabari».
La chanson (dont l’intitulé peut se traduire par la supplication «Brigadier, pitié!») dénonce les violences
dont la police est coutumière.
Le titre fait un tabac en Côte d’Ivoire et dans toute la région.
Il accompagne jusqu’à aujourd’hui la riche carrière d’Alpha Blondy, qui compte plus de quinze albums
et un nombre incalculable de concerts. Avec son groupe le Solar System, l’artiste se produit en effet
aux quatre coins de la planète, portant haut les couleurs de l’Afrique et de son pays,
la Côte d’Ivoire.
http://www.alphablondy.info/site/

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