J’ai mon fils en classe de terminale au lycée classique d’Abidjan. Il est inscrit au car et déjeune à l’école. Il a beaucoup de chance, son papa est de la classe moyenne (je n’en ai pas rêvé du minima). Encore il suit des cours de soutien scolaire les samedis à l’école. Ha là on est épuisé par la liste des soutiens : maths, physique, sciences naturelles, anglais… Les samedis je dépose le fiston le matin devant l’école avec un billet de banque pour son transport retour et immanquablement « manger quelque chose ». Je croise « ses amis » en route abonnés au « 11 ». Ceux qui viennent des autres quartiers descendent à la vie et grattent jusqu’au lycée classique pour une distance facturée à 100 Frs en woro-woro. Je rappelle qu’ils sont de plus en plus jeunes, le mien a 16 ans. Très souvent je me « woro-worotise ». Beaucoup sont de conditions très modestes. Dieu est dans le secret. J’ai été inscrit dans des groupes whatsap créés par les enseignants et les « répétiteurs » pour mieux suivre nos enfants avec un contenu varié notamment les heures d’arrivée et de départ de nos enfants et surtout les exercices qu’ils doivent traiter. Le hic c’est que beaucoup de parents sont illettrés et certains enfants n’ont pas d’Android et surtout de connexion à internet. Cette situation crée des ghettos numériques, avec des enfants artificiellement supérieurs à d’autres. Ici j’en appelle à l’Etat. C’est nous pouvons organiser des cérémonies, faire des dons d’assiettes, de mais, de riz, d’huile, de yaourt, de tôfi, de guédégba etc… vous nous donnez du poisson mais ce que nous voulons en réalité c’est de nous apprendre à pêcher et le meilleur instrument est l’école. Investissez dans l’éducation, nous avons des cadres en devenir mais qui peuvent sortir du système par la marchandisation de l’éducation.

Par M. Moussa Soumahoro, Administrateur des services financiers

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici